Aknin : « La Parisienne reste une course atypique »
Patrick Aknin La Parisienne

Aknin : « La Parisienne reste une course atypique »

Propos recueillis par Romain Beauvais

Interview. Il y a vingt-deux ans, Patrick Aknin était en avance sur son temps. Aujourd’hui, La Parisienne est devenue une classique ! À la veille de donner le départ de cette 22e édition, le fondateur de la première course à pied d’Europe 100% féminine évoque avec nous ce cru 2018 ! Ce dimanche 9 septembre, plus de 25 000 femmes prendront le départ de ce bel événement au pied de la tour Eiffel pour parcourir les 7km d’un circuit prestigieux dans les rues de Paris. Pour Patrick Aknin, cette course reste un moment de partage où les femmes prennent du plaisir à se retrouver entre elles. Cette année encore, La Parisienne devrait continuer à mettre en lumière le sport féminin dans notre société.

Patrick, comment abordez-vous cette édition 2018 de La Parisienne ?
Comme la 22e ! C’est une édition comme les autres. Je l’appréhende avec bonheur. En plus, il va faire très beau, ce dimanche à Paris. Cette année, elle aura une saveur particulière. Tout d’abord, le thème « New-York » a bien pris. Ensuite, on aura de belles animations durant ces trois jours de manifestation. Le seul petit regret concerne la fréquentation pour cette édition 2018. J’espérais avoir près de 30 000 participantes. Au final, on tourne à 25 000 inscriptions.

Pourquoi avez-vous décidé de prendre comme thème « New-York » pour la Parisienne 2018 ?
On discute ensemble pour choisir chaque année le thème qui sera mis à l’honneur sur La Parisienne. New-York est très accrocheur, et c’est une ville que j’apprécie beaucoup. Cela part toujours d’un coup de cœur ! Par exemple, nous avons eu l’Océan Indien ou le Mali comme thèmes des éditions précédentes de La Parisienne.

Par rapport à 2017, quelles sont vos attentes ?
2017 a été une très belle édition ! On avait eu la chance d’avoir les Champs-Élysées. En 2018, ce sera encore le cas puisque l’on aura le même parcours que l’an dernier. C’est chouette ! Ce sera à nouveau un beau circuit entre la Concorde, les Invalides, le Petit et le Grand Palais. J’espère qu’elle sera autant réussie qu’en 2017. À cette occasion, on aura de superbes animations avec un cours de yoga, le samedi matin, et un chant de Gospel, en fin d’après-midi. Ce sera top ! Pour arranger les choses, le beau temps sera de la partieç Tout est réuni pour réaliser une édition 2018 de haute volée.

« Il y a vingt-deux ans, j’étais en avance sur mon temps. Aujourd’hui, La Parisienne est devenue une classique »

Depuis deux décennies que la Parisienne existe, quel regard portez-vous sur l’évolution du sport au féminin ?
C’est un événement très tendance. Il y a vingt-deux ans, j’étais en avance sur mon temps. Aujourd’hui, La Parisienne est devenue une classique.

Pourquoi a-t-on encore besoin d’avoir un tel événement pour promouvoir le sport au féminin ?
J’ai dirigé pendant de longues années, le Marathon de Paris. Ce n’était pas le même état d’esprit que celui qui existe sur La Parisienne. En effet, il n’y a pas cet asprit de compétition. On est plutôt sur de la convivialité, de la joie et du partage. J’ai alors mis beaucoup de musique et des animations tout autour de cette course. C’est quelque chose que Je n’avais pas pu faire sur le marathon. Car sur cette épreuve, on est focalisé sur son temps de passage à chaque kilomètre. Sur La Parisienne, on n’y pense pas du tout. Au contraire, sur cette course à pied féminine, elles prennent du plaisir à se retrouver entre elles. Sans doute parce que l’on traite les sportives de la même manière de la première à la dernière.

Cette Parisienne favorise-t-elle l’égalité entre les hommes et les femmes ?
Cela fait partie des questions liées à la parité. Je trouve que c’est une bonne chose d’avoir La Parisienne comme événement pour développer pour le sport féminin. Vous, vous aimez vous retrouver avec des amis pour pratiquer une activité physique. Mais on voit bien que les femmes ont du plaisir à courir ensemble. Cela peut se faire entre mères et filles, entre copines ou entre collègues d’une même entreprise.

 Et pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans ce combat pour cette parité entre les femmes et les hommes ?
Ce n’est pas un combat politique que je mène! À un moment, il y avait un manque. J’ai vu que cela a bien pris. À l’époque, j’organisais le 10km. J’ai vite vu que cela ne fonctionnait pas en termes de fréquentation. Alors que La Parisienne avait déjà des longueurs d’avance. Cela prouve que les courses de féminines cartonnent ! Aujourd’hui, il en existe une soixantaine. Malheureusement, certaines ont des difficultés pour subsister financièrement. Pour notre part, on s’en sort car on s’est focalisé sur le bien-être, et pas uniquement sur l’aspect sportif de cet événement ! De ce fait, on rejoint alors le slogan de La Parisienne : « La santé par le sport, mais pas de sport sns santé ».

« Il y a moins d’argent pour le sport féminin »

La Parisienne peut-il être un acteur majeur dans la perspective des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 ?
On a aidé Paris2024 pour la démarche du développement du sport féminin, notamment à travers cette manifestation dédiée tout spécialement aux femmes. La Parisienne reste une épreuve très atypique. Par exemple Clémence Calvin, vice-championne d’Europe sur le marathon, cet été à Berlin, et lauréate de La Parisienne 2012, nous fera l’amitié d’être avec nous ce dianche. Elle sera présente pour partager un moment avec ses copines, et non pour réaliser un chronoq.

Au final, pensez-vous eu’il faudrait plus de sport féminin à Paris ?
D’un point de vue sportif, on est pas trop mal lotis à Paris. On est un peu en retard sur l’aspect financier. On voit la différence entre les hommes et les femmes. Il y a donc moins d’argent pour le sport féminin. Moi, j’aimerais déjà que l’on trouve de l’argent pour les Jeux Olympiques et Paralympiques et Paralympiques.

Légende photo : Le fondateur de La Parisienne, Patrick Aknin sait que cette édition 2018 sera un bon cru (Crédit photo : Twitter Jean-François Martins)

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