Pereira : « Mes rêves ne sont pas encore terminés »
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Pereira : « Mes rêves ne sont pas encore terminés »

Propos recueillis par Romain Beauvais

Entretien.De retour en France, après avoir décroché la médaille d’argent en snowboard Cross aux Jeux Olympiques de Pyeongchang, Julia Pereira de Sousa-Mabileau nous a accordé un long entretien. Ce lundi matin dans les locaux de l’Agence Olivia Payerne, la jeune lycéenne commence enfin à réaliser ce qu’elle a fait en Corée du Sud. À seulement seize ans, elle devient la plus jeune athlète tricolore à décrocher une breloque aux Jeux d’hiver. Bien évidemment, elle a évoqué son parcours jusqu’à cette finale olympique. Mais elle a également évoqué l’échec de sa copine, Tess Ledeux, en ski slopestyle. Pour sa part, la vice-championne olympique en snowboard cross vient de vivre un rêve éveillé en Corée du Sud. Maintenant, elle aura quatre ans pour s’affirmer comme la nouvelle patronne de sa discipline afin, cette fois-ci à Pékin, de monter sur la plus haute marche du podium.

Julia, commencez-vous à réaliser ce que vous avez fait aux Jeux Olympiques de Pyeongchang ?
Oui un peu. Depuis que je suis rentrée en France et que j’ai retrouvé mes proches et amis, je réalise un peu plus ce que j’ai fait là-bas aux Jeux Olympiques de Pyeongchang.

Que représente pour vous cette médaille d’argent obtenue en snowboard cross en Corée du Sud ?
Je suis fière de mon parcours à Pyeongchang. J’ai fait beaucoup de sacrifices pour pouvoir être aux Jeux Olympiques. C’est mon rêve depuis que je suis toute petite. C’était très important pour moi d’y être et j’en suis très heureuse.

En plus, vous êtes la plus jeune athlète tricolore à recevoir une médaille aux Jeux d’hiver, est-ce une fierté pour vous ?
Je suis contente de ramener cette médaille pour la France. Je suis fière de détenir ce record.

« Lorsque j’étais dans le portillon de départ, je me disais que j’allais chercher cette breloque. Je me disais que je n’étais pas en finale pour rien. »

Tess Ledeux, qui ne s’est pas qualifiée pour la finale de l’épreuve de ski slopestyle, devait être très triste. Avez-vous réussi à trouver les mots pour la consoler ?
C’est ma copine. J’étais triste pour Tess Lorsque j’ai constaté qu’elle n’était pas qualifiée pour cette finale en ski slopesyule. Je lui ai fait un câlin pour la réconforter, et être présente pour elle car dans ces moments, il n’y a pas grand-chose à dire. Je ne pouvais pas savoir ce qu’elle ressentait car je n’avais pas les mêmes objectifs qu’elle sur cette olympiade. Tess était plus attendue. Elle avait sans doute plus de pression à gérer.

De votre côté, comment avez-vous vécu vos premiers JO ?
C’est le rêve de tout athlète d’aller aux Jeux Olympiques. Je ne voulais avoir aucun regret. Je voulais en profiter comme si c’était la dernière fois que je disputais les Jeux d’hiver. Après mon objectif était d’aller en finale. Une fois en finale, je n’avais plus rien à perdre. Je voulais y aller à fond car j’avais tout à y gagner. La médaille, c’était le bonus. Mais cela n’aurait pas été grave si cette médaille n’était pas au rendez-vous. Heureusement, elle l’a été. Et c’est tant mieux pour moi !!!

Comment avez-vous géré cette finale olympique ?
Lorsque j’étais dans le portillon de départ, je me disais que j’allais chercher cette breloque. Je me disais que je n’étais pas en finale pour rien. Après,je n’ai pas vu la chute. J’étais concentrée sur ma performance du jour. Même si on est trois cents jours ensemble, il ne faut pas oublier que l’on fait un sport individuel avant tout. Je suis déçue pour Chloé Tespeuch. J’aurais vraiment aimé monter sur le podium avec elle. Bien évidemment, je suis très contente pour moi aussi (rires)…

Avez-vous un petit regret de ne pas voir une autre française sur le podium avec vous ?
Cela aurait été super de retrouver quatre françaises en finale des Jeux. On aurait eu au moins eu une médaille voire bien plus. Cela aurait été genail pour le snow tricolore.

« Le snow est un sport ultra télévisuel »

D’un point de vue personnel, pourquoi avez-vous choisi de faire du snow ?
Jusqu’à mes neuf ans, je faisais du ski. À cet âge, j’ai vécu un entraînement s’est mal passé. Alors que j’étais en test, le coach était plus sévère. Je suis rentrée en pleurant dans les bras de ma mère. Et je lui ai dit, maman, je veux faire du snowboard. Deux mois plus tard, j’étais aux Championnats de France. Depuis, je n’ai pas arrêté de pratiquer ce sport.

Comment arrivez-vous à allier votre vie de sportive de haut niveau et celle de lycéenne ?
Je suis au lycée d’Albertville qui se fait en quatre ans. Je vais à l’école l’été et l’hiver, j’ai du temps pour ma vie de sportive de haut niveau. Mais j’ai peu de temps pour voir ma famille car j’ai un emploi du temps assez chargé. Mes professeurs sont assez à l’écoute. Ils sont là pour nous rassurer. Lorsque je vais faire ma rentrée, ils vont m’aider pour que je reprenne le fil de ma scolarité.

Désormais, espérez-vous que l’on parle davantage de votre discipline ?
Le snow est un sport ultra télévisuel. Pour le public, c’est génial. Il n’y a pas grand-chose à comprendre. Les règles sont super simples à appréhender. En plus, c’est spectaculaire car il y a des sauts, des chutes, et les courses sont haletantes à suivre. C’est donc top que ce sport rapporte beaucoup de breloques à la délégation tricolore.

Avec ce titre de vice-championne olympique, allez-vous changer de statut ?
Oui assurément. Je vais être sans doute plus attendue sur les prochaines compétitions. Pour ma première année chez les grandes, je ne pensais pas faire autant cette saison. Et pourtant, je l’ai fait. C’est énorme !

« C’est une fierté d’inspirer des jeunes filles qui ont envie de pratiquer du snowboard cross ou un tout autre sport »

Maintenant, comment allez-vous gérer cette engouement médiatique ?
Je ne vais rien changer à mes habitudes. Après si par malchance, je me loupe sur une manche de Coupe du monde, on va dire que je me suis loupée. Mais moi, je sais que j’aurais donné le meilleur de moi-même. Je vais juste continuer à pratiquer mon snw comme je sais le faire.

Espérez-vous inspirer des vocations auprès des jeunes filles ?
Lorsque j’étais petite, je regardais les grandes skieuses. Lindsey Vonn ou encore Chloé Trespeuch. Il y a quatre ans, j’étais devant la télévision pour voir la médaille de Chloé. C’est une fierté d’inspirer des jeunes filles qui ont envie de pratiquer du snowboard ou un tout autre sport.

Comment on peut leur donner envie de venir pratiquer le snow ?
Si on veut quelque chose, il ne faut rien lâcher. J’ai seize ans mais j’ai beaucoup travaillé pour en arriver à ce niveau. Depuis que je suis toute petite, je n’ai rien lâché.

Et pour vous, qu’espérez-vous pour les années à venir ?
Clairement, je veux aller aux Jeux Olympiques de Pékin, qui auront lieu en 2022. Je veux ramener une médaille d’or, devenir championne du monde, et décrocher un globe de cristal en snowboard cross. Je vais continuer à bosser à fond pour atteindre mes objectifs. Mes rêves ne sont pas terminés. Ce n’était qu’un premier. Il en appelera d’autres par la suite.

Légende Photo : Julia Pereira de Sousa-Mabileau entre dans un nouvel univers grâce à sa médaille d’argent décrochée en snowboard cross aux JO de Pyeongchang (Ladies Sports)

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