Assmann : « On n’est pas à notre premier essai »
ITW ASSMANN

Assmann : « On n’est pas à notre premier essai »

Propos recueillis par Romain Beauvais

Entretien.Quelle belle initiative d’avoir associé les personnes en situation de handicap à celui de l’égalité entre les hommes et les femmes. Car dans les faits, ces deux mondes, si différents sur le papier, livrent le même combat : celui d’avoir une société inclusive pour tous et toutes. C’est fort logiquement que la présidente du Comité paralympique sportif et français, Emmanuelle Assmann, était présente, ce lundi matin au stade Jean-Bouin, pour la traditionnelle conférence de lancement des « 24h du sport féminin » qui aujourd’hui s’appelle « Sport féminin toujours ». Durant ce moment, la présidente du CSPF nous livre son point de vue sur la place de la femme au sein de notre société. Mais elle nous donne des raisons d’y croire car pour Emmanuelle Assmann, Paris2024 sera l’apogée d’un mouvement initié depuis les années 2000 par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Emmanuelle, que cela représente-t-il pour vous d’être associée au lancement de « Sport féminin toujours » ?
Cela dénote d’un réel progrès. Car on nous disait souvent que le public n’avait pas envie de regarder, que ce soit du sport féminin ou du handisport. Pourtant, à chaque fois que l’on essaye, on voit bien que les gens sont devant leur téléviseur. C’est dans l’essai et l’exemplarité que l’on arrivera à persuader le plus grand nombre. C’est donc une bataille qui me tient à cœur.

Avons-nous des raisons d’y croire, et de ne pas se dire que cet événement sert à la promotion du sport féminin ?
Ce qui est bien, c’est que cette conférence s’installe dans la durée. On n’en est pas à notre premier essai. C’est le bon moment pour dire que ce n’est pas normal d’avoir un si tôt pourcentage de diffusion pour le sport au féminin. Maintenant, l’objectif, c’est que l’on n’en parle plus. Par exemple, pour nous, notre souhait, c’est qu’un jour, le Comité paralympique n’existe plus. Pour le moment, ce n’est pas encore le cas et il faut continuer à aller au front pour ne rien lâcher pour avoir plus de diversité au sein des programmes audiovisuels.

Selon vous, le chemin est encore long pour arriver à la parité ?
Le sport féminin est un peu le reflet de cet axe principal qu’est la diffusion du football, rugby, basket, et parfois du golf sur certaines chaînes payantes. Bien évidemment, il ne faut pas oublier tous les autres sports qui ne sont pas beaucoup mis en avant. Comment on fait pour que toutes les disciplines soient diffusées ? Il faut donner plus de place au sport à la télévision.

« Je suis fière que Marie Bochet soit notre porte-drapeau en Corée du Sud en mars prochain. »</em>

Comme pour le sport féminin, espérez-vous plus d’heures de diffusion pour le handisport, et notamment cet hiver à l’occasion des Jeux Paralympiques de Pyeongchang (9 au 18 mars) ?
On a un engagement de France Télévisions pour une centaine d’heures de direct durant les Jeux Paralympiques de Pyeongchang, comme cela avait été le cas lors des Jeux de Rio en 2016. C’est un beau progrès car il y a quatre ans à Sotchi en Russie, on n’était qu’à soixante heures de retransmission. On est toujours en marche de progression. On espère vraiment qu’il y aura du monde devant les écrans même si ce sera en pleine nuit. On partira en Corée du Sud avec une quinzaine d’athlètes. On fait le dernier comité de sélection, cet après-midi (lundi). Après, on vise la cinquième place par nations. Je crois en la capacité de chacun des sportifs sélectionnés pour les Jeux pour aller chercher des médailles et ainsi défendre haut et fort les couleurs de la France comme les athlètes olympiques vont le faire, d’ici quelques jours.

C’est un geste fort d’avoir choisi Marie Bochet comme porte-drapeau de la délégation tricolore à Pyeongchang ?
C’est fort de mettre une Marie Bochet, porte-drapeau de la délégation paralympique à Pyeongchang. Au-delà d’être une sportive d’exception, avec un palmarès incroyable, c’est un être humain qui a envie de soutenir ses collègues mais qui a surtout de belles valeurs. C’est pour ces raisons que Je suis fière que Marie Bochet soit notre porte-drapeau en Corée du Sud en mars prochain.

Quelle message espérez-vous envoyer au monde du sport en mettant une femme à la tête de cette équipe de France paralympique ?
Le genre a peu d’importance car on se focalise avant tout sur les performances des athlètes. L’important est de porter des valeurs de partage que ce soit pour les Jeux Olympiques ou Paralympiques.

Selon vous, arriveras-t-on un jour à ne plus parler de mixité ou de handicap dans notre société ?
On a encore beaucoup de travail pour y parvenir. Preuve en est puisque les médias ont des difficultés à dire Jeux Olympiques et Paralympiques. On y travaille, notamment grâce à l’organisation parisienne en 2024, pour faire comprendre aux gens et aux médias qu’il y aura bien deux événements d’une durée de quinze jours. Ce sera une grande fête pour le sport français. Il est important d’utiliser ces Jeux, que l’on attendait depuis cent ans, comme levier pour changer notre société afin qu’elle soit plus inclusive.

Quel héritage pensez-vous que Paris 2024 va laisser à notre société ?
Un changement de regard. Pour l’obtenir, il faut que les gens soient prties-prenantes de ce bouleversement sociétal. Preuve en est que c’est possible puisque l’on arrive bien à mettre des Nord et Sud-Coréens dans une même équipe durant ces Jeux, il n’y a pas de raison que les Français n’y arrivent pas pour vivre une belle expérience

Légende photo : Emmanuelle Assmann ambitionne de belles choses pour les Jeux Paralympiques de Pyeongchang (Ladies Sports)

    Liste de la sélection tricolore :

PARA SKI ALPIN :
Arthur BAUCHET // catégorie LW3, CLUB DES SPORTS D’HIVER DU BRIANCONNAIS (05)
Marie BOCHET (Porte-drapeau) // catégorie LW6/8-2, ALBERTVILLE HANDISPORT (73)
Jordan BROISIN // catégorie LW4, HANDISPORT LYONNAIS (69)
Frédéric FRANÇOIS //catégorie LW11 (assis), GRENOBLE HANDISPORT (38)
Yohann TABERLET // catégorie LW12-1 (assis), SKI CLUB MORZINE AVORIAZ (74)

PARA SKI NORDIQUE
Anthony CHALENÇON // catégorie B1, SKI CLUB MORZINE-AVORIAZ (74)
Thomas CLARION // catégorie B1, HANDICAP-SPORTS-LOISIRS BONNEVILLE (74)
Benjamin DAVIET // catégorie LW 2, HANDISPORT ANNECIEN (74)
Thomas DUBOIS // catégorie B1, VERCORS HANDISPORT (38)
 
PARA SNOWBOARD
Cécile HERNANDEZ // catégorie SB-LL1, LES ANGLES (66)
Maxime MONTAGGIONI // catégorie SB UL, ANICES HANDISPORT (06)
Julien ROULET // catégorie SB UL, CLUB SAINT- ANTOINE MARSEILLE (13)

    GUIDES :

Antoine BOLLET (Guide de Thomas CLARION) // CLUB SKI NORDIQUE LA FECLAZ (73)
Bastien SAUVAGE (Guide de Thomas DUBOIS) // C.S NORDIQUE VILLARD DE LANS (38)
Simon VALVERDE (Guide d’Anthony CHALENÇON) // SKI CLUB MORZINE AVORIAZ (74)
 
 
 

 
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