Diacre : « C’était un rêve caché pour moi d’entraîner cette équipe de France »
Foot Corinne Diacre

Diacre : « C’était un rêve caché pour moi d’entraîner cette équipe de France »

Propos recueillis par Romain Beauvais

Interview.Fraîchement nommée à la tête des Bleues, ce mercredi par le président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët, Corinne Diacre était présente, ce jeudi matin au siège de la FFF, à l’occasion de la conférence de rentrée de la D1 féminine. À cette occasion, la nouvelle sélectionneuse a glissé ses premiers mots en zone mixte. Un moment au cours duquel elle a pu rappeler qu’il fallait retrouver une équipe compétitive à l’avenir. Maintenant, il faut lui laisser du temps pour travailler mais surtout pour préparer au mieux la prochaine Coupe du monde afin de décrocher un premier titre à la maison.

Corinne, pourquoi avez-vous, cette fois-ci, accepté de prendre en charge l’équipe de France ?
Lorsque vous êtes sollicitée par la Fédération française de football (FFF) pour prendre en charge l’équipe de France, vous ne pouvez pas refuser cette offre. Mais il y avait des choses à respecter car j’étais sous contrat avec Clermont. L’année dernière, ce n’était pas le bon moment pour moi d’accepter ce poste. Cette saison, les choses ont évolué. De plus, l’entretien entre le président clermontois, Claude Michy et celui de la FFF. Par conséquent, on a vite trouvé une solution pour satisfaire toutes les parties.

Pour vous, c’est une suite logique d’être à la tête des Bleues ?
Je ne sais pas s’il y a une logique. En tout cas, un poste comme celui-ci ne se refuse pas. C’est presqu’un devoir de prendre en charge la sélection nationale. Maintenant, il y a beaucoup de choses à faire car la Coupe du monde 2019 arrive très vite. C’est bien évidemment une compétition à ne pas rater puisque l’on évoluera à domicile.

C’était un rêve pour vous de diriger la sélection nationale ?
C’était un rêve caché pour moi d’entraîner cette équipe de France. Je le gardais toujours dans un coin de ma tête. Maintenant, je pense que c’était le bon moment pour revenir à la Fédération.

« Vite, vite, il ne faut surtout pas faire preuve d’impatience »

Comment jugez-vous la prestation des Bleues lors du dernier Euro aux Pays-Bas ?
Sans faire offense à mon prédécesseur, Olivier Echouafni, je vais rester humble et mesurée. Il faut laisser le passé au passé. Il faut regarder devant nous. Maintenant, c’est à moi de trouver les solutions pour redorer le blason de l’équipe de France. Mais surtout la rendre bien plus compétitive.

Avec votre nomination, allez-vous faire de nombreux changements au sein de l’équipe de France ?
Tout d’abord, je vais changer l’intégralité du staff. Concernant les joueuses, certaines sont en fin de carrière et d’autres ont pris leur retraite internationale. Après, je vais attendre le début du Championnat de France afin de faire des choix au sein de mon effectif. Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas couper des têtes. Mais certaines d’entre elles, qui ont participé à l’Euro, ne seront pas rappelées en équipe de France. On a deux ans pour préparer cette Coupe du monde à la maison.

Allez-vous vite mettre votre patte sur cette sélection nationale ?
Vite, vite, je l’espère ! Vous savez, le travail avec la sélection nationale sera totalement différentet de celui que j’effectuais au sein de Clermont car je n’aurais pas les joueuses à disposition tous les jours. Vite, vite, il ne faut surtout pas faire preuve d’impatience.

>« Il faut me laisser du temps pour prendre mes marques »

Les deux ans de matches amicaux ne vont-ils pas vous desservir ?
On n’a pas trop le choix. À partir de là, on va s’appuyer sur le travail des clubs pour faire avancer cette sélection nationale. Mais l’arrivée des joueuses étrangères dans notre Championnat de France pourra être un frein au développement de l’équipe de France. Il faudra travailler en bonne intelligence.

Maintenant, il faut enfin réussir à débloquer le palmarès des Bleues ?
Chaque sélectionneur est embauché pour cela. Je ne vais pas dire le contraire sinon mon président va casser mon contrat (rires). C’est évident, il faut aller chercher une médaille internationale. Mais il faut faire preuve d’humilité. Maintenant, je vais pouvoir m’appuyer sur les U19 et U20, qui sont très performantes, pour construire une belle équipe. Je vais alors me rapprocher de Gilles Eyquem. L’objectif est d’aller chercher quelque chose en 2019.

Dans cette optique de décrocher un premier titre pour le football féminin, la France sera-t-elle favorite de sa Coupe du monde en 2019 ?
Avant l’Euro, les Pays-Bas étaient outsiders. Cela ne leur a pas empêché de devenir championnes d’Europe. Ce n’est pas un manque d’ambition que de dire que l’on n’est pas favorites. On veut juste rester à notre place. L’objectif est clair. Le président Le Graêt ne m’a pas fait venir pour autre chose que de ramener quelque chose en France. Il faut nous laisser du temps pour prendre mes marques. Il y a plein de petite chose à régler pour être compétitives dans deux ans.

Légende photo : Corinne Diacre a deux ans pour préparer la prochaine Coupe du monde en France (Ladies Sports)

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