Magail : « C’est la victoire de tout un club »
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Magail : « C’est la victoire de tout un club »

Propos recueillis par Romain Beauvais

Interview.Vingt-quatre heures après avoir remporté cette finale de la Ligue A féminine, ce samedi à Paris-Coubertin, l’entraîneure de l’ASPTT Mulhouse, Magali Magail peut enfin savourer ce titre de championnes de France qu’elle attendait depuis dix-neuf ans. Ce sacre récompense tout le travail accompli par ses filles depuis le 23 août dernier. Maintenant, il va falloir construire une équipe pour exister en Ligue des champions. Sans doute que ce trophée va leur permettre de continuer à se développer afin de jouer les premiers rôles sur tous les tableaux la saison prochaine…

Magali, quel sentiment prédomine-t-il après avoir décroché ce titre de championnes de France ?
C’est un immense soulagement après tant d’années d’efforts ! Ce matin, on s’est toutes réveillées avec des pépites dans les yeux. Et ce rendez-vous du 6 mai, on l’avait toutes cochées depuis le 23 août dernier. On a tellement travaillé tout au long de la saison pour en arriver-là. En plus le scénario de cette partie a tourné en notre faveur après avoir sauvé cinq balles de match dans cette finale. Il n’y a que le sport pour nous procurer de telles émotions. Ce n’est que du bonheur !

C’est enfin la bonne après huit finales perdues contre le RC Cannes ?
On est la seule équipe rescapée derrière le RC Cannes. Car en vingt ans, les autres formations, qui luttaient avec les Cannoises, n’existent plus aujourd’hui. On n’a jamais abandonné. On a continué à se construire et à grandir. Ce titre est d’autant plus beau car tout au long de la saison, plus de trois mille spectateurs étaient présents à chaque rencontre de l’ASPTT Mulhouse. On a fait salle comble toute l’année. C’est la victoire de tout un club et de toute une ville.

À un moment, avez-vous pensé à abandonner le volley ?
Non, l’idée ne m’a jamais traversée l’esprit. Car le RC Cannes a dominé le volley durant plus d’une vingtaine d’années. Lorsque vous avez un club qui a un budget quatre ou cinq fois supérieur à celui des autres équipes, on ne peut pas faire grand-chose. Mais cette année, les budgets ont été revus à la baisse. On a ainsi pu boxer dans la même catégorie.

>« Mes joueuses ont senti que Le Cannet avait peur de gagner »

Comment avez-vous vécu ce quatrième set ?
Ce n’était pas une belle finale « volleyballistiquement parlé » car les deux équipes étaient tendues. On n’était pas sereines durant les trois premiers sets. J’ai commencé à y croire lorsque l’on a changé de visage. Alors que l’on était dos au mur, on a ainsi retrouvé l’ASPTT Mulhouse qui s’est construit au fil de la saison. On a retrouvé nos valeurs et notre jeu. À partir de ce moment-là, je n’ai plus douté. J’étais sûr de nos forces même quand on a eu ces cinq balles de match contre nous.

Qu’avez-vous dit à vos joueuses pour qu’elles survivent dans cette finale ?
Mes joueuses ont senti que Le Cannet avait peur de gagner car les Cannetanes ont fait beaucoup trop de fautes dans cette fin de quatrième set. Mes filles se sont dit : « elles ont peur, il faut y aller à fond ». Le fait de gagner cette manche nous a fait du bien. Après le match était plié. Sans doute que les Azuréennes ont cru durant cinq secondes qu’elles étaient championnes de France.

Maintenant, place au repos…
Pas pour tout de suite. Cette semaine, on aura encore beaucoup de sollicitations avant de penser aux vacances. On va être reçues par la ville de Mulhouse avant de faire la tournée des divers médias locaux. Ensuite, on va se remettre au travail pour essayer de conserver la majorité des joueuses à Mulhouse.

Et la Ligue des champions est-elle dans un coin de votre tête ?
C’est quelque chose que l’on connaît déjà. On a évolué durant six années consécutives en Ligue des champions. On sait très bien que c’est un autre monde. Il va falloir construire une équipe pour espérer exister dans cette compétition. Sans doute que ce titre de championnes de France va permettre au club de passer un nouveau cap…

Légende photo : L’entraîneur de l’ASPTT Mulhouse, Magali Magil (notre photo), attendait ce titre de championnes de France depuis dix-neuf ans (Ladies Sports)

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