Mougel : « Le moment de tourner la page »
Laurie Mougel

Mougel : « Le moment de tourner la page »

Propos recueillis par Romain Beauvais

Exclusif.Dans un entretien accordé à Ladies Sports, Laurie Mougel nous a expliqué les raisons pour lesquelles elle a décidé de mettre un terme à sa carrière. La skieuse de Serre-Chevalier a rencontré un peu de lassitude à la fin de cette saison. Elle ne voulait pas prendre cette décision à la va-vite. Elle a pris le temps de la réflexion avant de quitter définitivement le milieu du ski. Un choix qu’elle ne regrette pas pour l’instant mais elle sait qu’il lui faudra quelques mois pour s’adapter à sa nouvelle vie.

Laurie, pourquoi avez-vous décidé de mettre un terme à votre carrière ?
C’est une chose qui ne se commande pas. En fin de saison, je me suis rendu compte que j’avais encore beaucoup d’appréhension par rapport à ma blessure au genou. J’avais peur de me refaire mal. C’était quelque chose que je ne voulais pas revivre. Je ne voulais pas me blesser une quatrième fois. C’était hors de question. Je pensais que mon appréhension allait s’en aller au fil de l’hiver mais à la fin, j’ai vu que je ne pouvais pu être à 100% sur les skis. Auparavant, je pouvais l’être. Quelque chose avait donc changé. Par le passé, cela a toujours été un plaisir pour moi de m’entraîner. Et là, ce n’était plus le cas. C’était la première fois que je ressentais cela. J’ai compris que c’était fini pour moi. C’était le moment de tourner la page.

Cela vous trottait-il dans la tête depuis longtemps ?
Non, à la base, j’avais un plan sur deux saisons après mon retour de blessure. Cette année pour revenir dans le top 30 et la suivante pour préparer les Jeux Olympiques de Pyeongchang en Corée du Sud en 2018. C’est à partir de mi-mars que j’ai commencé à y songer. Après, je me suis laissé du temps pour décider. Car en fin de saison, on en a un peu ras-le-bol de skier. C’est un peu normal. Je ne voulais pas prendre de décision à la va-vite.

Quelque chose s’est-il cassé par rapport aux saisons précédentes ?
Non, je ne pense pas. Au contraire, je me suis reconstruite par rapport à l’an dernier. En 2015-2016, J’avais réalisé une mauvaise saison avec une blessure au genou à la fin. Cette année, j’ai fait deux top 20 et je termine 33e mondiale. J’avais comme objectif de rentrer dans les trente et je n’en suis pas très loin. Je suis revenue à un bon niveau avec des performances honorables.

« Je suis fière d’avoir fait partie des vingt meilleures skieuses mondiales »

Comment vos proches ont-ils accueilli cette nouvelle ?
J’en ai discuté avec mon entourage. C’est-à-dire, les coaches de la Fédération française de ski (FFS), mon père et mon compagnon. Finalement, on est toute seule face à un choix comme celui-ci. Aucun d’entre eux n’a essayé de m’influencer. De toute manière, ma décision était déjà prise avant.

Comment les entraîneurs de l’équipe de France ont-ils accepté cette nouvelle ?
Quand j’ai discuté avec les entraîneurs de l’équipe de France à la fin de cette saison, je n’avais pas encore pris ma décision. Une fois que je les ai appelés pour leur annoncer cette nouvelle, ils étaient surpris mais ils ont respecté mon choix. Ils m’ont souhaité le meilleur pour la suite.

Qu’allez-vous retenir de votre carrière en slalom ?
Je suis fière d’avoir fait partie des vingt meilleures skieuses mondiales. C’est chouette ! Je suis également satisfaite de ma carrière car j’ai participé à trois Championnats du monde et j’ai obtenu de bons résultats sur le circuit de la Coupe du monde de slalom. Ce sont des moments forts pour moi.

Le fait de ne pas disputer les Jeux Olympiques reste-t-il le regret de votre carrière ?
Il y a beaucoup de gens qui ne sont pas allés aux Jeux Olympiques et pourtant ils sont heureux. Mais c’est vrai que les JO étaient un rêve pour moi. Lors des Jeux de Sotchi en 2014, je m’étais blessée au genou. C’était une terrible déception pour moi. J’avais envie d’aller en Corée du sud en 2018. Mais quand j’ai vu la masse de travail qu’il me restait à accomplir, le ras-le-bol de l’entraînement a pris le pas sur l’envie d’y aller. Mais pour l’instant, je n’ai pas de regrets. On verra par la suite…

« J’ai discuté avec des jeunes retraités du ski et ils m’ont dit qu’il y aurait un temps d’adaptation à cette nouvelle vie »

Quels sont vos futurs projets ?
Je suis en train de rénover un chalet destiné à la location à Serre-Chevalier. Je suis à fond là-dedans. J’espère le terminer avant cet été. Ensuite, cet hiver, je vais donner des cours de ski en tant que monitrice dans ma station. Le printemps prochain, cela fera un an que j’ai arrêté ma carrière. Cela me laissera le temps de savoir ce que je veux vraiment faire de ma vie.

Vous n’avez pas peur de retrouver une vie normale sans compétition ?
Cela fait quinze ans que je fais de la compétition. J’ai discuté avec des jeunes retraités du ski et ils m’ont dit qu’il y aurait un temps d’adaptation à cette nouvelle vie. Il ne faut pas se précipiter. Mais c’est vrai que l’inconnu fait toujours peur. Tout le monde y arrive. Pourquoi moi, je n’y arriverai pas…

Légende photo : Laurie Mougel (notre photo) raccroche les skis (Compte Facebook Laurie Mougel)

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