Caccia : « La journée de repos nous a fait beaucoup de bien »
Gaelle Caccia

Caccia : « La journée de repos nous a fait beaucoup de bien »

Propos recueillis par Romain Beauvais

Après une première semaine sur le Tour, Gaëlle Caccia est ses coéquipières attendaient cette journée de repos en Andorre avec impatience. Une journée durant laquelle les sept filles de « Donnons des Elle au Vélo » ont pu se reposer. Elles ont bénéficié également des installations de la Française des jeux pour recharger les batteries. Car le plus reste à venir avec la dernière semaine du Tour.

Gaëlle, quel bilan tirez-vous après cette première semaine de Tour de France ?
C’est un bilan plutôt positif car on sait pourquoi on fait ce Tour de France.. Pour le moment, on tient toutes le coup. Même le staff médical de la Française des jeux nous dit que leurs coureurs sont déjà épuisés. Et deux d’entre eux ont déjà abandonné les routes du Tour de France. De notre côté, on est alors fières d’être encore au complet après une semaine de course. Et le médecin de la FDJ a été impressionné par notre niveau. C’est vrai car on fait deux ou trois fois plus d’efforts que les garçons sur la même épreuve.

Depuis le début du Tour, comment est l’ambiance au sein de l’équipe ?
L’ambiance est très bonne. La journée de repos nous a fait beaucoup de bien. L’équipe reste très soudées. Les premières étapes ont été éprouvantes. En raison de la pluie et des journées usantes, où l’on a fini à deux reprises à 22 heures, les organismes étaient forcément un peu fatigués. On commence à être un peu plus fragiles. Cela nous a fait vraiment du bien de nous reposer.

Les premières étapes dans les Pyrénées avant le jour de repos étaient très compliquées. Comment les avez-vous vécues ?
C’était des étapes longues avec 4 000 mètres de dénivelé positif. Et l’enchaînement des cols et les grosses chaleurs ont fatigué tout le monde. Il fallait bien s’alimenter pour passer ces journées dans les Pyrénées. Il fallait également s’adapter aux allures différentes de toutes les filles car on ne monte pas les cols au même rythme.

« On était contentes de se reposer un peu »

Comment s’est passé votre journée de repos en Andorre ?
Ce dimanche, nous avons fait de l’Hydrothérapie au sein de l’équipe de la Française des jeux. Par la suite, nous avons fait une photo avec les coureurs professionnels de la FDJ pendant qu’ils regardaient la finale de l’Euro de football entre France et le Portugal. C’était sympa comme moment. Maintenant, on a rechargé les batteries et les prochaines étapes ne paraissent pas trop durs à part l’arrivée au Ventoux, le 13 juillet.

Cette journée de repos vous-a-t-elle permis de recharger les batteries afin d’aborder au mieux la suite du Tour ?
Oui, cela a été le cas pour la plupart des filles. En général, on repart moins dans le dur après ce repos en Andorre. Pour ma part, j’ai un souci à un tendon d’Achille qui n’est pas résolu. Je suis passée entre les mains du médecin, de l’ostéopathe et le kinésithérapeute de la FDJ mais ils n’ont pas réussi à me remettre sur pied à 100%.

Le moral est-il toujours là ?
Le moral, on l’a toujours. En plus, on devait avoir un test à l’effort sur cette journée de repos mais le logiciel a rendu l’âme. Finalement, il a été repoussé à une date ultérieure. Cela nous a permis de dormir un peu plus longtemps dimanche matin. On était contentes de se reposer un peu.

« Allez-y, il y a le ménage qui vous attend »

Maintenant, à quoi vous attendez-vous dans les Alpes ?
On n’y pense pas forcément. On voit au jour le jour. On fait étape par étape. On n’a pas envie de se mettre la pression. Aujourd’hui, c’est une journée vallonnée. Demain, ce sera un peu plus plat. Et après, il y aura le Ventoux. Après, on verra les autres étapes. Pour le moment, je n’ai pas étudié le profil de toutes les étapes.

Finalement, le plus important pour vous, c’est de voir beaucoup de monde à chaque arrivée d’étape
L’ambiance est super sur le bord des routes. Et puis, nous avons une personne dans le camion qui klaxonne pour réveiller tout le monde. Parfois, les supporters se chauffent les mains avant d’attendre les coureurs professionnels du Tour. Cela nous donne vraiment des ailes de se sentir autant encourager. Parfois, il y a certaines remarques qui dérangent encore.

Par exemple, lesquelles ? 
On a eu le droit à : « vous trichez car vous faites le Tour un jour avant les pros ». Ou encore  : « Vous savez le Tour, c’est demain ». Et il y en a qui nous a même dit : « Allez-y, car tout à l’heure, il y a le ménage qui vous attend». Ce s ont des remarques qui blessent encore. Mais la plupart des gens nous encouragent et cela nous motive énormément dans les cols les plus durs à franchir.

Et le souvenir d’être passée sur la ligne d’arrivéeau Lac de Payolle, terme de la septième étape des garçons, restera un moment fort dans votre vie…
On a toutes pleuré. On avait toutes les larmes aux yeux car c’était un moment exceptionnel pour nous de franchir la ligne d’arrivée au Lac de Payolle, où le public attendait les garçons. C’est un moment que l’on n’oubliera jamais.

Cest un regret de ne pas pouvoir partir et arriver comme les professionnels du Tour de France. 
On aimerait pouvoir partir et arriver sur les lignes blanchies du Tour. On galère beaucoup car il y a beaucoup de circulation. On n’a pas les mêmes conditions pour rouler que les professionnels. C’est vraiment dommage de ne pas pouvoir franchir la ligne d’arrivée comme cela se fait sur le Tour.

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