Vignes-Waran : « J’ai l’esprit plus libre. »
Sashina Vignes-Waran espère briller aux Internationaux de France de badminton (Icon Sport)

Vignes-Waran : « J’ai l’esprit plus libre. »

Propos recueillis par Romain Beauvais

Depuis l’obtention de sa nationalité Française l’an passé, Sashina Vignes-Waran revient à Paris avec plus d’envie. La toute récente championne de France est impatiente de disputer ces Internationaux de France de badminton à Paris-Coubertin. Pour son premier tour, la jeune femme qui vient de rejoindre l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP), sera opposée à l’Indienne Saina Nehwal. Mais avec le soutien du public parisien derrière elle, Sashina espère réaliser des merveilles à domicile.  

Sashina, pouvez-vous revenir sur cette année particulière pour vous puisque vous avez obtenu la nationalité Française ?

C’était particulier pour moi car cela faisait neuf ans que j’attendais cette nationalité Française. Depuis que j’ai 14 ans, je rêvais de devenir championne de France. Un rêve qui est devenu réalité cet été puisque j’ai remporté le titre national. Maintenant, j’ai envie de viser plus haut car je porte le maillot de l’équipe de France.

Vous sentez-vous plus libre ?

Ma vie a changé du jour au lendemain. Aujourd’hui, j’ai l’esprit plus libre. Je n’ai plus de barrières dans ma tête. Maintenant c’est acquis et je peux ainsi me concentrer davantage sur mon sport et mes études. C’est important pour moi.

Qu’est ce qui a changé dans votre vie au quotidien ?

Avant, cela me prenait beaucoup de temps de faire la queue à la Préfecture. Chaque fois que j’allais chercher mon courrier, il manquait toujours un document. C’était assez usant mentalement car je me disais qu’il y avait un problème. Maintenant c’est fini et je n’ai plus de papiers à envoyer à la Préfecture.

« Je veux donner du plaisir aux supporters parisiens. »

Pourquoi avez-vous choisi de rejoindre l’INSEP ?

Comme j’ai vécu dix ans à Strasbourg, j’avais un entraînement très cadré. J’avais mon entraîneur, mon préparateur physique et mon kinésithérapeute autour de moi. Toutes ces personnes étaient à ma disposition. Mais j’avais envie d’aller voir ailleurs. C’est pour cette raison que j’ai rejoint l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP). Cela va me permettre d’avoir une opposition plus relevée à l’entraînement. De plus, les entraîneurs parisiens pourront m’aider à franchir un cap dans mon jeu. C’est super de pouvoir évoluer dans un tel environnement.

Cela veut-il dire que vous allez apporter des choses différentes dans votre jeu ?

J’ai envie d’apprendre autre chose car les méthodes d’entraînements parisiennes sont différentes de celles que je pouvais avoir à Strasbourg. Comme je vous le disais, j’ai envie de voir autre chose. J’espère que ce changement de carrière aura une incidence positive sur mon jeu.

Êtes-vous heureuse de retrouver le public parisien pour ces Internationaux de France de badminton ?

C’est toujours une émotion particulière de jouer devant le public français. C’est l’événement phare de l’année pour les joueurs tricolores. J’ai envie de briller à Paris-Coubertin. Mais je veux aussi donner du plaisir aux supporters parisiens qui viennent nous encourager. On a envie de gagner à domicile. Le volant est entre nos mains.

« Je suis bien la patronne du badminton féminin. »

Comment voyez-vous votre tournoi ?

Je vais affronter la cinquième mondiale dès mon entrée en lice dans ces Internationaux de France. C’est un gros morceau. J’ai hâte de rencontrer Saina Nehwal. Je sais que je peux l’accrocher car on a le même style de jeu.

Avec ce statut de numéro un française, les jeunes joueuses tricolores sont-elles présentes pour vous piquer votre place ?

Delphine Lansac est juste derrière moi. Elle et les autres veulent me pousser vers la sortie. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot. J’ai envie de prouver aux jeunes que je suis bien la patronne du badminton français féminin. Je dois tirer les filles vers le haut.

Ce n’est pas trop pesant de porter à bout de bras le badminton français féminin ?

Oui, je le ressens un petit peu. Mais je le prends plutôt comme une pression positive. Je sais que j’ai des choses à réaliser. C’est mon rôle de numéro un française d’assumer toute cette responsabilité.

 

 

 

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